AVRAINVILLE L’Esprit Rural

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Histoire

AVRAINVILLE par Vital COLLET (1905)

Lorsqu’on quitte Charmes, pour se rendre au Moulin de Maxevoy, au confluent du Colon et du Madon, le premier village que l’on rencontre est Avrainville ; il s’allonge de chaque coté d’un petit ruisseau en partie couvert, parallèlement à l’unique rue, et qui dévale au Colon. Les hauteurs environnantes ont une altitude de 305,303,384mètres, la dernière prise près du bois de Beaucamp. La commune possède un chemin allant à Hergugney et un autre à Socourt ; sa distance de Charmes est de 7km et celle de Mirecourt de 14.

Avrainville a une école mixte et une petite église desservie par le curé de Tantimont ; l’eau nécessaire aux bestiaux est fournie en abondance par le Saint-Romaric (cours d’eau précité), dans lequel quantité de palmipèdes barbottent à l’aise, aux environs du lavoir communal et en dessous.

Le Moulin de la Rose (minoterie en chômage, autrefois prospère) à cheval sur le Colon, est le seul écart d’Avrainville, d’où on s’y rend en vingt minutes.

Ici les vignes demandent une mention à part, tant pour leur superficie totale que pour la qualité du vin en provenant. A citer entre tous, le canton du "Haut d’Autel" dont plusieurs lots appartiennent à des propriétaires de Charmes. viennent ensuite ceux de "Grandchamps" et des "Grandes Basses". Si le village se maintient en population, c’est à ses vignes qu’il le doit et non à la culture des céréales, laquelle ne s’opère pas facilement ; on n’attèle pas moins de six chevaux à chaque charrue et souvent il en faudrait huit pour faire un labour satisfaisant. Les prés demandent à être drainés, et pour ce, à être, au préalable l’objet de groupements. Les distillateurs du village font de l’eau de vie de mirabelle aussi appréciée que le vin du cru.

Un terrain, rapproché du village, en amont, dit "Le pré des Dames" a appartenu aux chanoinesses de Remiremont, en partie seigneur du lieu. En 1433, Thiebaut VIII de Neufchatel était propriétaire sur Avrainville et deux territoires environnants, ce qui valut aux trois localités d’être ravagées par Robert de Saarbruck, damoiseau de Commercy, et par Robert de Baudricourt.

La chapelle actuelle d’Avrainville est pourvue de trois cloches ; elle fut l’objet d’une sérieuse restauration, il y a quatre ou cinq ans. Cet oratoire, d’une grande simplicité, s’élève sur une partie de l’emplacement occupé anciennement par une vaste église, d’où il est à supposer que le village avait une nombreuse population. On voit, aux recherches faites sur le Ban de Tantimont, ce Ban célèbre dont Avrainville composait un lot important, que les curés de cette paroisse ont toujours désservi leur annexe d’Avrainville et que celle-ci a fourni à ce Ban renommé un certain nombres de maires, dont voici la liste :

Claudel Duc (1590-1591) ; Claudon Génin (1648-1649) ; Dominique Collignon (1658-1659) le même reprit les fonctions de 1663 à 1665 ; Nicolas COLLIGNON 5166761669°. Nicolas Roussot (1669-16670) ; Pasques (où Pasquier) Abraham, succéda à Roussot jusqu’en 1674, après quoi vint plus tard Jean Munier, qui fut maire de 1701 à 1704.

Des ruines se voient vers l’extrémité du finage, proche de celui de Florémont ; ce sont celles du presbytère de Savigny, dont le bouverot était enclavé dans le Ban de Tantimont.

Il existe une très vieille tradition dans le pays ; elle veut que les Sarrazins se soient battus à Avrainville contre les Gaulois ; cette affaire se serait passée au canton des "Forts" (Forts, parce que c’est le coté du vainqueur). Le champ de bataille comprenait les beines connues sous les noms : "des Tailleurs", des "Petits Tailleurs", "Devant Gugney" et des "Sarazins". C’est par la beine de ce nom que les infidèles débouchèrent dans le vallon, en venant d’Hergugney. Ils furent battus à plate couture par les Gaulois qui avaient leur retranchement aux environs de "Beau-camp".

En 1710, à la suite de la peste qui avait reparue dans la Prévôté l’année précédente, la population descendit à 30 ou 40 habitants. Elle est aujourd’hui de 143.

Curiosité : en amont du village, à 200 mètres environ des maisons, est la fontaine de Saint Romaric (ici on prononce Romarie). L’eau en sort fraiche et abondante des roches calcaires, dans des restes de battisse, pour s’échapper aussitôt dans un ruisseau portant le même nom et dont les sources voient le jour un peu plus haut, dans la prairie. Bien des personnes ayant un enfant malade y viennent en consultation, munies d’une chemise ou d’un drapeau (lange) du chérubin. Arrivées là, elles jettent le linge dans la fontaine, s’il s’enfonce c’est signe que le pauvret mourra ! S’il s’enfonce et remonte alternativement c’est un indice de guérison laborieuse. La chemise surnage t’elle, il y aura une guérison certaine ! Dans ce cas l’autel de Saint Romaric, sis à l’intérieur de l’église reçoit d’ordinaire la visite des parents consulteurs ; ils récitent une oraison et font leur offrande dans le tronc du saint (un prince austrasien converti au catholicisme). Le patron du village est Saint Rémy, mais la fêté est fixée au troisième dimanche de mai ; sur la fin du siècle dernier on célébrait cette fête après les vendanges.

La commune est propriétaire de 7 hectares 07 au bois du Ban, dans la foret de Charmes ; cette petite foret lui fut concédée dans le passé, moyennant la rente d’une poule, plus tard, l’imposition a été changée en contribution directe que l’on paye de nos jours au percepteur de Damas aux Bois, le dit bois faisant partie du territoire de cette commune ; la municipalité a cessé d’en partager les affouages entre les habitants, elle en emploie le produit à l’entretien de ses ponceaux et édifices publics. Elle possédait autrefois quatre autres hectares de bois au même lieu, lesquels ont été vendus, avec droit d’essarter, aux verrerie de Portieux ; actuellement, le terrain est en friches improductives.

La prairie humide comprise entre le chemin de Charmes à Xaronval et les cours d’eau qui l’arrosent, contient de nombreuses petites cressonnières que viennent exploiter les revendeurs de légumes de Mirecourt et de Charmes.

L’ancienneté d’Avrainville (Evorini villa) est prouvée par la qualité de ses ruines. Son histoire se rattache à celle du Ban de Tantimont. Lorsqu’en ces derniers temps, les habitants avaient à faire quelques réparations à leurs constructions, ils allaient choisir les plus beaux moellons dans les ruines d’un vieux château, proche de la localité. Dans le canton de "Grand champ", dont le sol contient des ammonites, on trouve une grande quantité de pierres de démolition et la charrue y affleure d’anciennes fondations. Sous les vignes de "Grand Champ", se rencontrent des tuiles plates, très épaisses, fabriquées de telles façon qu’en posant deux séparées par un intervalle, la troisième vient s’appliquer exactement sur cet intervalle, en formant couvre-joint. On découvre fréquemment des squelettes sur divers points du du finage ; ils sont indiqués, à profondeur de la couche arable, par deux pierres en accent circonflexe. Un squelette vient d’être trouvé dans ces conditions au canton du du "Haut d’Autel" et huit autres ont étés découverts dans une carrière de pierres "aux Plantes", il y a peu d’années.



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